Paul SERUSIER (1864 - 1927)
Né dans une famille aisée, Paul Sérusier reçut une éducation classique. En 1875, il est admis au lycée Condorcet où il étudie la philosophie, le grec, le latin et les sciences.
Paul Sérusier entre en 1885 à l'Académie Julian pour étudier l'art. D'un tempérament agréable, il sympathisa vite aussi bien avec les étudiants que les professeurs. Il y rencontre Maurice Denis, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, K.X. Roussel, Paul Ranson et H.G. Ibels.
En 1888, il passe l’été à Pont-Aven, et s’intéresse à un petit groupe d'artistes autour d'Émile Bernard et de Paul Gauguin. Se rapprochant d'eux, il reçut une leçon de Paul Gauguin. Celui-ci l'encouragea à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures, vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.
Sérusier revint à Paris avec un petit tableau peint sous la dictée de Paul Gauguin, et le montre avec enthousiasme. Le tableau, appelé Le Talisman, est le point de départ de débats enflammés. Avec ses proches partageant ses idées - Pierre Bonnard, Maurice Denis, Henri-Gabriel Ibels et Paul-Elie Ranson - Paul Sérusier forme le groupe des nabis ("prophète" en Hébreu). Ils se rencontrent régulièrement pour parler de théories de l'art, de symbolisme, d'occultisme et d'ésotérisme. Plus tard, Armand Seguin, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel rejoignent le groupe. Cependant, après le départ de Paul Gauguin pour Tahiti en 1891, le groupe se dissout et chacun prend une direction individuelle.
A l'été 1892 Sérusier retourne en Bretagne, dans le petit village du Huelgoat. Il peint des figures monumentales et solides des paysans bretons. Sa palette change, il n'utilise plus de couleurs pures, les atténuant avec du gris.
En 1895, Paul Sérusier accepte une invitation de Jan Verkade à visiter le monastère de Beuron, en Allemagne. Les moines-artistes possédaient des principes selon lesquels les lois de la beauté étaient divines, mystérieusement cachées dans la nature, et ne pouvaient être révélées qu'aux artistes possédant un sens des proportions et de l'harmonie des formes. Cette doctrine l'enthousiasme et de retour à Paris, il tente de convaincre ses amis. Ne rencontrant pas le succès escompté, Paul Sérusier prit de la distance envers ses anciens amis.
Il part donc s'installer en Bretagne, où il applique cette doctrines et développe un art reposant sur le calcul et les mesures.
Il enseigna régulièrement à l'Académie Ranson à partir de 1908 et publia en 1921, ABC de la peinture, un court traité qui constitue la mémoire de toutes ses recherches esthétiques.
Paul Sérusier s'éteint en 1927 à Morlaix.